... et je m'en réjouis!
J'avais écrit l'an passé un article sur la pudeur des dames à se raconter. J'avais alors des sollicitations d'hommes, prompts à raconter leur parcours remplis de minutieux souvenirs de tous ordres : famille, amis, travail, flirts, loisirs... Et leurs épouses, quand je les invitais à se raconter, ouvraient de grands yeux: "Pour raconter quoi?"
Pudeur, légitimité, sensation d'avoir rempli sa vie des autres mais peu de choses à raconter de soi... Pourtant : fréquenter sous le regard sévère des familles, renoncer ou parvenir à étudier, obtenir un travail et évoluer ou y renoncer pour s'occuper des enfants, devenir mère sans échographie de surveillance / détermination, sans l'attirail actuel de biberons, couches, veilleuse, babyphone, poussette tout terrain, travailler parmi des hommes qui évoluent plus vite avec une même formation..., elles ont des choses à raconter si on s'intéresse à elles!
Ces derniers temps, ce sont trois femmes aux vies bien remplies de joies et de peines qui se racontent à leurs petits-enfants sous ma plume. Et ça me réjouit de les voir transmettre à la fois l'histoire de leurs grands aïeux et se prouver qu'elles n'ont pas "rien fait d'extraordinaire" de leur vie.
Je vous rassure, j'ai toujours plaisir à écrire les souvenirs d'hommes affables qui m'entraînent dans des récits prenants! Mais, comme je le faisais avec mes jeunes élèves, j'aime également donner la parole aux discrets, aux timides, à ceux qui ne se sentent pas légitimes. Se raconter, c'est se donner une place parmi les autres, et ma plume aide à trouver les bons mots!
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